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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 11:00

C'était il y a des millions d'années, un mardi je crois, après l'école. A peu près la même période de l'année qu'aujourd'hui. En tout cas il faisait beau, avec du soleil, et assez chaud pour se promener en t-shirt. Vers la fin de l'année scolaire. Il était peut-être midi. Je devais avoir treize ans, si mes souvenirs sont bons.

 

Il y avait une action sur les livres d'Agatha Christie à la Placette. CHF 6.50 l'un, ce n'est pas cher.

 

J'en avais acheté QUATRE. Je me rappelle le retour à la maison avec mes quatre bouquins dans la sacoche. C'était lourd, j'avais été inconséquente, mais c'était bon. Moi qui n'avais jamais possédé en propre que quelques rares romans reçus à Noël ou un anniversaire, acquérir quatre volumes d'un coup c'était être vraiment proche de la folie. Sans compter que ça représentait quand même deux mois d'argent de poche (ma maman me les avait malgré tout remboursés, non sans faire quelques difficultés).

 

C'est qu'à l'époque, j'étais déjà bien avancée dans mon projet "lire tous les Agatha Christie" (il y en a quand même plus de huitante volumes). Quand une copine m'avait confié qu'une de ses tantes les POSSEDAIT TOUS, il me les avait fallus. Plus tard, j'ai compté combien de temps me serait nécessaire avant d'y arriver. J'ai ressenti comme un froid. C'était trop long. Trop long. A quoi bon commencer, alors que l'intégrale était à disposition, quand je voulais, à dix minutes de chez moi, à la bibliothèque?

 

Pendant vingt ans, j'ai donc possédé quatre volumes des enquêtes de Miss Marple et Hercule Poirot, progressivement rejoints par quelques autres récupérés au hasard d'un déménagement, çà chez une tante défunte, là chez des grands-parents. Je ne les ai jamais relus. Et j'ai fini par les donner. 

 

Posséder des livres, c'est chouette si on y revient régulièrement. Si on peut les prêter, si on peut les laisser dans une maison de campagne pour les visiteurs. Mais si c'est pour qu'ils jaunissent progressivement au fond d'un grenier, même bien protégés par une fourre en plastique transparent, ils seront lourds à déménager et pénibles à épousseter. Ca ne m'intéresse pas. 

 

 

Surtout s'ils sont à disposition à dix minutes de chez soi, à la bibliothèque, en quantité illimitée.

 


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Published by mlle-cassis - dans métacarpe
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