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le sirop à vélo
la suite des aventures de mlle-cassis
Hors donc, quand j'étais enfant j’avais des parents hippies*. Qui nous emmenaient tous les étés faire la tournée des hot spots baba-cool du Sud de la France (la température y est quand un peu plus suitable pour se promener tout nu que par nos contrées lacustres). Où il était plus que banal de croiser des gens se doucher en groupe dans des sanitaires sans porte, cuisiner le quinoa germé à la cuisine communautaire, s’essayer au yoga tantrique avec pénétration d’organes au bord de la piscine ou s’efforcer de retrouver leur cri primal en pleine après-midi dans le hot-tub.
Tout cela est raconté avec force mise en scène dramatique dans les « Particules élémentaires » du glauque Houellebecq, aussi vous ne m’en voudrez pas que je me non-étende sur le sujet.
Non.
Parce que ce qui est marrant, c’est de s’imaginer, quinze ou vingt ans plus tard, quand tous vos vieux souvenirs sont enfouis depuis longtemps au dernier sous-sol de la mémoire la moins performante du monde (la vôtre) (enfin, la mienne), que pof au détour d’un verre au Festival de la Cité, vous vous rendez compte que vous avez trop trop passé toutes vos vacances au même endroit que cette nana, mais oui celle que vous connaissez des internets et avec qui vous buvez des verres IRL depuis, genre, six mois. Et qu’elle connaît TOUS les gens de quand vous y étiez aussi. Même les vieux. Moustachus. Ventrus. Dégueus. Avec un cache-sexe minuscule. Qui se tapaient toutes les nanas. Et du petit-fils duquel vous étiez amoureuse, disons vers les douze ans environ.
Mais l'anecdote serait un peu prématurément tarie si les gros dés du gros Dédé (c'est qui Dédé?) n'avaient pas cette capacité à rouler, rouler, rouler toujours plus loin.
Et en avant!
Ma mère en revenant de vacances hier m'appelle pour me prévenir que le petit-fils du vieux dégueu, tout à son souvenir impérissable de ses jeunes années, serait bien content que je lui envoie un e-mail ou que je l’accepte dans mes contacts facebook. Et ce matin la charmante nana aux ongles multicolores me linke environ trente mille blogs, de tous les types qui ont fait notre adolescence. J’ai beau commencer à avoir pas mal traîné sur les internets, mais je ne peux m’enlever de la tête qu’en fait, la vie c’est un peu comme Google : t’as beau essayer d’effacer, il restera toujours une trace quelque part sur internet. **
* Enfin des hippies avec des relents d’origine bourgeoise, quand même un peu hein (oui parce que pieds nus dans les boutons d’or, oui - mais dans les boutons d’or du chalet à la montagne des parents hein !). Des aspirants hippies donc.
** J’suis obligée de mettre un lien, quand même. -> ici