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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 15:00

[disclaimer] Ceci est une réponse à cet article. Je n'aime pas faire des commentaires qui durent un roman, alors j'ai externalisé ici.

 

Parlons du don II

Parlons du don III

 

 

 

 

 

 

Je n'aime pas donner parce que je sens que c'est la chose à faire (obligation morale, matérielle, etc). J'aime donner parce que j'ai d'abord reçu: quand je reçois quelque chose de chouette, j'ai envie de rendre quelque chose de chouette. C'est presque physique. Je ne me sens pas bien si je ne peux pas.

 

Hier, par exemple, j'ai donné des sous à un accordéoniste. Parce que l'accordéon c'est tout de suite une ambiance de fête de village (j'aime bien). Mais surtout il jouait à merveille: toute la rue en était illuminée*.

 

 


 

Plus concrètement, si on parle de pratiques (je sens que c'est là qu'on veut en venir), voici:

 

- Je ne donne pas d'argent dans la rue (à part aux accordéonistes). Jamais. Je refuse de participer à un système qui fait que des gens en viennent à demander du pognon à des inconnus.

 

- Je donne ce qui ne me sert pas. Pas par gentillesse, mais parce que ça me fait de la place tout en étant utile à autrui. C'est relancer la donne de la répartition intergalactique, point barre.

 

- Quand j'offre un cadeau, j'aime bien donner un peu de moi avec. Entretenir le lien social, construire du sens, tout ça tout ça. Souvent je les fabrique moi-même, mes cadeaux, d'ailleurs. En bricolage, en recyclage. Je n'aime pas tellement acheter du tout fait, je préfère le sur-mesure à l'industriel. Et si j'achète, les conditions de production pèsent évidemment lourdement dans mon choix.

 

- J'aime bien offrir du périssable. Le plaisir que procure un cadeau reçu étant de toute façon à durée limitée, autant ne pas s'encombrer de bidules inutiles. J'offre souvent de la bouffe, donc.

 

- Je donne parfois de ma personne. Mais il faut quand même avouer que c'est devenu plus que rare depuis que mon temps appartient au grand capital cinq jours par semaine. Il y a quelques années, j'étais très impliquée au niveau associatif. J'ai participé à plusieurs projets, à toutes les étapes possibles et imaginables, sur deux ou trois continents. Cela me prenait beaucoup de temps, beaucoup d'énergie, m'apportait un enrichissement quotidien incroyable. Mais c'est fatiguant. Fatiguant parce que ça implique un engagement total et un questionnement sans fin. Est-ce que je fais juste? Est-ce que ce que je fais bien? Est-ce qu'au lieu d'être moteur de changement, je ne suis pas en train de contribuer à renforcer les raisons pour lesquelles la situation est ainsi? Et bli, et bla, et blablabla. 

 

- Pour ce qui est de "donner pour sauver le monde", je crois sincèrement qu'à moins de posséder un talent particulier et d'être prêt à le mettre à disposition sans réserve, il vaut mieux laisser les professionnels faire leur travail. Ils sont formés dans ce but et possèdent les réseaux qui leur permettent de travailler de façon un tout petit peu plus professionnelle que toi et tes trois potes dans ton coin. Vraiment. Ce qui manque, souvent, c'est le pognon. Pas tant pour les projets de terrain (en Suisse, les projets de développement par exemple sont soutenus et financés par différents organismes régionaux et nationaux) que pour les conditions méta qui font que ces projets peuvent être mis en oeuvre (les photocopies et l'électricité dans les bureaux des ONG en question, par exemple, ce sont tes dons non-affectés qui les paient, petit scarabée). Bref, donner son fric pour payer des gens dont c'est le travail est parfois encore la chose la plus sage à faire.

 

- Et parfois il est possible de combiner le tout! A Noël par exemple, j'ai bien kiffé offrir des canards et des nains de jardin en papier à la ronde.

 

Voili.  

 

Et toi?

 

 


 

 

 


 

*J'ai par contre failli aller rechercher mon pognon quand il a attaqué "Mon amant de St-Jean", mais c'est une autre histoire.

 

 

 


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Published by mlle-cassis - dans métacarpe
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