Jeudi 8 novembre 2012
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Je ne sais pas si tu connais Marc Aymon. C'est un type, comme ça, un Valaisan paraît-il, il écrit des chansons et puis il en chante quelques unes aussi parfois. Il y a quelques semaines je suis
allée au vernissage de son album éponyme (qui s'appelle "Marc Aymon", du coup)(c'était super).
Et autant je trouve sa compo parolière parfois un peu maladroite, autant quand il met en musique les textes des autres, c'est tout simplement
sublime.
Malheureusement, artiste régional oblige, rares sont les chansons disponibles sur les internets, mondiaux certes, mais un peu snobs.
Il faudra acheter l'album. En guise d'avant-goût, néanmoins, ces vers de 1915 écrits par Apollinaire, alors grand dadais amoureux de la pétasse Louise de Coligny-Châtillon, et magnifiquement mis en musique par le jeune Marc.
Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l'armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur
Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace
Comme font les fruits d'or autour de Baratier
Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants
Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L'amant serait plus fort dans ton corps écarté
Lou si je meurs là-bas, souvenir qu'on oublie
Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur
Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie
Ô mon unique amour et ma grande folie
(et maintenant, les commentaires cyniques)(il en faut, c'est pour
dédramatiser)(nom d'une pipe, "mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur", il fallait la sortir, quand même)(oui, oui, je me tais)(c'est un poème magnifique, arrêtez de chuchoter dans les
rangs du fond)(et allez plutôt acheter ce disque)
(ah oui et NON, Marc Aymon n'a pas repompé
cette première tentative, inaudible)(bisous)