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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 10:00

L'an dernier déjà quand j'étais secrétaire intérimaire pour six semaines et que j'allais visiter mon coach sportif deux fois par semaine, je jalousais intérieurement ces branleurs de malades qui n'avaient rien d'autre à foutre de leur journée.


Je lorgnais les romans en vente à la cafétéria en crevant d'envie d'être à leur place, à nouveau vautrée dans ce luxe infini de la jouissance de son temps, encore, toujours, à l'infini.


Hier matin, 7h15 toutes démarches administratives faites, chirurgien vu, douche désinfectante prise, blouse indécente avec le dos qui s'ouvre dès que tu bouges enfilée, j'étais prête à perdre les quelques grammes de ferraille qui décoraient mon plateau tibial droit depuis dix-huit mois.


10h15, j'avais terminé le premier des deux romans emportés pour mon séjour.


10h30, plus d'une heure de retard sur le programme opératoire, on me descend à l'étage des fantômes et de l'oubli.


Cette fois je ne me suis pas endormie dans le couloir. J'ai passé par toutes les étapes, bien consciente jusqu'au dernier souffle (mais ASPIREZ madame!!). J'ai moins dormi et vu des choses plus étranges que la dernière fois.


C'est sûr que l'infirmier qui trente fois te demande ton nom et vérifie "quel côté c'est" avant de partir se boire un café ou le médecin-anesthésiste qui a l'air d'avoir 18 ans et se promène avec sa blouse stérile flottant au vent comme un superman un lendemain de la veille – c'est très très rassurant. Sauf que le surréel n'est jamais complètement atteint avant l'extraction des limbes. Quand vous vous excusez d'avoir parlé anglais pendant votre sommeil, découvrez votre genou orange et bandé jusqu'au pied inclus (il est où mon pied??). Ou qu'on en a visiblement profité pour vous passer, nue, aux UV – taches de rousseur en expansion fractale à l'appui!

 

 

 

 

Vos béquilles sont restées dans l'armoire, à l'autre bout de la chambre. Et vous êtes trop trop contente que le deuxième roman emporté pour le séjour – oui oui celui qui n'est pas encore déjà lu – soit "Jessie" de Stephen King. 

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 11:00

"mlle-cassis est sur le billard et ne peut donc vous répondre pour le moment.

Vous pouvez par contre lui laisser un message (par exemple pour l'inviter à boire un sirop) et elle vous rappellera dès son retour du donjon!"

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 15:15

 
Quatre jours que je l'ai dans la tête celle-là!
(enfin, l'entier de l'album en réalité)
(ahlala ce concert, c'était bien quand même)
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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 17:00

Samedi matin, j’avais rendez-vous chez le coiffeur. Sauf que j’étais en retard. Et que si je ratais le train, le suivant n’était que 35 minutes plus tard - ce qui est un peu limite pour arriver en retard, même chez un coiffeur qui est toujours en retard.

Après le coiffeur, j’avais rendez-vous pour visiter ma grand-maman dont la maison de retraite est à un autre kilomètre de chez le coiffeur.

Et ensuite je devais aller manger des hamburgers avec mon amoureux.

 

La bonne nouvelle, c’est que je peux courir. Je peux courir un kilomètre, je peux courir avec des talons et je peux le faire trois fois dans la même journée. Oh, ça fait mal aux jambes, des courbatures et tout partout ! Mais pas au genou. Youpie !

 

 

 

 

 

 

La mauvaise nouvelle c’est que du temps il n’y en a plus - même pour un seul petit jogging - avant que cette jambe soit dé-bionisée et me fasse souffrir à nouveau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce matin j’ai tout emballé dans un grand sac : mes affaires de yoga, mes affaires de piscine, mes baskets et mon soutien-gorge de sport. Direction la cave. Pour au moins un mois.

En me réjouissant d’un jour prochain où je pourrai à nouveau me permettre d’être en retard un jour où je voulais mettre un pantalon un peu plus long que mes jambes.

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 17:00

Ok J-8 les enfants.

 

J-8 qui fera de moi une ex-femme bionique.

 

Le temps s’étire comme un félin gorgé de soleil ou se ralentit à la limite de l’arrêt…

 

Comme revivre les choses. Pareilles. La douche. Le gazage. Le vide. Le blanc. La douleur, bien sûr. Encore.

 

Sauf qu’en réalité c’est complètement le contraire. Des mois pour me préparer. Des médecins qui me parlent. Un bouquin ou deux à lire. Quelqu’un pour venir me chercher à la sortie.

 

 

       

Et surtout, cette fois j’aurai une culotte dans mon sac à main.

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 14:30

Certains se moquent d’une certaine compulsion que j’aurais, localisée dans la partie inférieure de mes genoux. Comme quoi je serais incapable de passer un mois [une semaine] [deux jours] [le temps de ma pause de midi] sans m’acheter de nouvelles chaussures. Je proteste vigoureusement !

 

Déjà… déjà… mais déjà parce que c’est même pas vrai! La semaine passée tiens, j’en ai acheté aucune, de chaussure. Bon d’accord hier j’ai compensé – c’est mal, c’est très très mal, Jaysus (qui marchait toujours en birkenstock et, surtout, est ressuscité, alléluia) me punira. Mais bref. 

 

Le souci des jolies chaussures n’est pas récent. Il s’est juste mis à fleurir comme une prairie au printemps au moment où 1. un genou pernicieux m’a forcée à porter des talons plats pendant une année et 2. quand à l’issue de cette année d’ascétisme esthétique j’ai réussi à doubler mes gains de fin de mois. Mais aussi parce 3. maintenant que je n’ai plus aucun vrai souci (chômage, os brisés, coloc’ avec maman, …) je peux enfin m’adonner tout entière à mes instincts féminins les plus primaux: la quête de la pompe ultime.

 

Parce que bon. C’est super dur à trouver, LA chaussure. Il y en a à vingt balles, colorées, charmantes, mais qui s’usent en deux temps trois mouvements. Celles achetées pour une occasion particulière, dont on sait déjà au départ qu’on ne les mettra pas plus d’une ou deux fois. Les coup-de-foudre, acquises impulsivement mais finalement trop excentriques-« pas tout à fait moi »-en plus ça ne va avec rien, qui finissent assez rapidement à la cave. D’autres enfin sont plus classiques. De meilleure qualité. Plus chères. Très belles. Très frime. Et font terriblement mal aux pieds…

 

Finalement… la recherche de la pompe ultime, c’est un peu comme celle de l’homme idéal ! Coup de foudre ou lente séduction, on passe une vie à chercher, essayer, zapper, faire des paris sur le futur sans jamais être vraiment sûre, au moment du choix, que celles qu’on a choisies sont vraiment les bonnes.*

 

 

 

              

 *Vous aurez noté qu’en général on le découvre quand même assez vite à l’usage…

 

 

 

  

 

---

 

Mon amoureux à moi, il est très très grand. Et avec lui je peux marcher des kilomètres en talons sans avoir mal aux pieds.

 

Alors en fait, les milliers de chaussures, c’est seulement pour bluffer les autres filles. Pour pas qu’elles soient jalouses. Ou alors juste de mes pieds.

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 10:00

Le temps, le temps!

 

Quand je me réveille le matin et que je traîne jusqu’à la seconde où je sais que si j’attends la suivante, je vais vraiment être en retard. Quand je m’énerve parce que j’ai oublié d’intégrer dans mon planning les trois minutes pour le shampoing. Quand je calcule le temps de chauffe de l’eau dans la bouilloire pour savoir comment je peux gagner du temps en attendant. Quand je fais l’impasse sur certaines étapes de la préparation du matin parce que le temps manque (le départ avec, pour 10 doigts : clés + I-pod + sac à main + pic-nic + poubelle + gants + bouquin + courrier à poster + sac de sport, c’est juste un classique). Parce que toute la journée, le temps je l’ai. Je l’organise comme je veux, le rentabilise ou le gaspille, c’est moi qui vois. J’ai même souvent l’angoisse à la gorge de ne plus savoir quoi faire pour qu’il passe!

 

Par contre le soir, à l’heure où enfin ma vie devrait commencer, c’est toute ma liberté qui s’éteint. Journée aliénée par des contraintes d’horaires. Temps libre pris en otage par les activités quotidiennes. Impôts, factures, lessive, repas, courses, rangements, téléphones, agenda, couture, manucure, tri, courrier, chat. Jardin, aspirateur, compta, assistance sociale, liste de courses, on mange quoi ce week-end, comment je vais bien pouvoir m’habiller, et ma tête elle est où déjà ? Parce que si je m’écoutais je passerais ma journée entre bain et lit, lecture et traînasserie. Mais je n’en suis pas vraiment capable. Comme si le moindre ralentissement était le vide, le creux, la mort. Et pourtant j’ai tellement besoin des trous. Et du vide. Et du rien.






des liens, des liens, des liens!

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 08:30

Deux choses m'empêtrent dans cette vie. Le manque de place, le manque de temps. Le manque de place parce que je ne peux pas m'étaler et que ça me force à calculer mon temps d'autant plus serré. Le manque de temps parce que le temps manque toujours autant.

Le manque.


Ce qui ne manque pas ce sont les envies, les projets, les en-cours. Alors je cours. Je cours. Tous les jours. Tout le temps.

Parce que mes rêves sont trop grands - pas assez à ma mesure - pour les estiver, les encogner, les épreindre dans une vie trop étriquée.




                                                                                                                              

 

               

 

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 20:00
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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 15:00

J’ai pleuré des fontaines et j’ai pleuré des rivières. J’ai pleuré souvent, j’ai pleuré fort. J’ai laissé mes larmes arroser le désert et déserter mon cœur. C’est pourtant comme si cette peine se nourrissait d’elle-même sans jamais s’épuiser.

 

Le vent se lève et les arbres se couchent, les flots roulent un bleu d’encre, les chats vous étouffent la nuit. Certaines choses sont données une fois pour toutes - ni contrepartie, ni indemnité. Elles construisent vos repères, inféodent votre univers. Et un jour ne sont plus là.

 

Comme une béquille, trouver quelque chose, quelqu’un pour remplacer. Ou se rendre compte qu’on est capable de marcher seul du premier coup.

 

C’est pourtant comme si cette peine se nourrissait d’elle-même sans jamais s’épuiser.

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Published by mlle-cassis - dans myocarde
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