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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 09:00

(à méditer avant d'aller faire son marché)


 

On voyait souvent passer depuis quelques jours, en pompeux équipage, grande, rousse, belle, avec un nez un peu fort, la princesse de Luxembourg qui était en villégiature pour quelques semaines dans le pays. Sa calèche s'était arrêtée devant l'hôtel, un valet de pied était venu parler au directeur, était retourné à la voiture et avait rapporté des fruits merveilleux (qui unissaient dans une seule corbeille, comme la baie elle-même, diverses saisons), avec une carte: «La princesse de Luxembourg», où étaient écrits quelques mots au crayon. A quel voyageur princier demeurant ici incognito, pouvaient être destinés ces prunes glauques, lumineuses et sphériques comme était à ce moment-là la rotondité de la mer, des raisins transparents suspendus au bois desséché comme une claire journée d'automne, des poires d'un outre-mer céleste? Car ce ne pouvait être à l'amie de ma grand'mère que la princesse avait voulu faire visite. Pourtant le lendemain soir Mme de Villeparisis nous envoya la grappe de raisins fraîche et dorée et des prunes et des poires que nous reconnûmes aussi, quoique les prunes eussent passé comme la mer à l'heure de notre dîner, au mauve et que dans l'outre-mer des poires flottassent quelques formes de nuages roses. [...] 

 

[Lors d'une discussion avec le directeur de l'hôtel, le lendemain, ma grand'mère] se rabattit sur l'éloge des fruits que Mme de Villeparisis nous avait fait apporter la veille. Et ils étaient en effet si beaux que le directeur, malgré la jalousie de ses compotiers dédaignés, m'avait dit: «Je suis comme vous, je suis plus frivole de fruit que de tout autre dessert.» Ma grand'mère dit à son amie qu'elle les avait d'autant plus appréciés que ceux qu'on servait à l'hôtel étaient généralement détestables. «Je ne peux pas, ajouta-t-elle, dire comme Mme de Sévigné que si nous voulions par fantaisie trouver un mauvais fruit, nous serions obligés de le faire venir de Paris.»

 

 

 

 

Marcel Proust, "A l'ombre des jeunes filles en fleurs", 1919

 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 09:00

Attention, billet particulièrement discriminatoire et sexiste (avec un peu de fashion police en prime).

 

 

 

 

 

 

Chères amies filles (chers amis garçons aussi, mais je vous préviens, ça risque de ne pas trop vous intéresser):

 

C'est l'automne, l'hiver arrive, le printemps ensuite, et si vous n'avez pas de chance peut-être que même en été la clim' de votre bureau continuera de vous donner des frissons dans le dos. Je ne vous fais pas un dessin: préparez-vous à avoir froid. Et conséquemment à devoir user de stratégies.

 

Alors évidemment, il y en a des tas, de stratégies, qui vont de mettre des guêtres en laine sous ses pantalons à s'enrouler le cou d'un foulard, en passant par l'ajout de couches. Et c'est bien LA que je veux en venir.

 

Les couches, c'est super, mais c'est compliqué. Surtout au niveau de la CAMISOLE DE CORPS. J'en conviens, tout le monde n'utilise pas ce petit sous-vêtement de grand-maman mais pour celles (ceux?) qui l'emploient, il est UN phénomène particulièrement pénible: j'ai nommé la chute de bretelles inopinée. Mais oui!, exactement comme pour les bretelles de soutien-gorge, mais en version camisole. Qui s'ajoutent à celles du soutif. L'enfer.

 

Heureusement, tagadam, patapoum, mlle-cassis possède une astuce géniale: le trombone (ou: paper-clip, pour les anglophones), qui permet de réunir durablement chaque paire de bretelles dans un geste souple et élégant et d'éviter la chute désagréable et parfois légèrement humiliante (pensez manches courtes et dépassement subreptice), et ce quarante mille fois par jour.

 

Avertissement préalable mais néanmoins important: le trombone, c'est pratique SURTOUT avec les gros pulls, jaquettes et blazers. Pour les délicats chemisiers en soie, préférer le fil à coudre qui se casse d'un coup sec au désassemblage (plus long à monter, mais qui évitera les accrocs aux tissus fragiles). Pour les top spaghetti d'été, vous savez déjà que 1. pas au bureau (absolument non négociable)(un peu de pudeur, que diable) et 2. avec un soutien-gorge sans bretelles apparentes, ou alors au moins coordonné, vous serez choues (choux?). 

 

 

 

 

 

 

J'avais prévenu que ce serait particulièrement discriminatoire et sexiste (et avec un peu de fashion police en prime), non?

 


 



 


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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 09:00

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Tout le monde connaît Doctissimo? Ses forums santé qui te font croire que tu vas mourir demain, ses forums mamans (très peu de papas, oui) qui te donnent envie de t'arracher les yeux pour t'y coller une balle? Mais oui, tu sais, cette combinaison potentiellement létale du pilonnage des règles de la langue avec la négativité du niveau des échanges rencontrés, les avatars pailletés et les effarantes effrayantes signatures des intervenant(e)s?

 

Long story short, à cause de gens de l'internet, je me suis créé un ticker doctissimo. Comme je n'ai [spoiler alert!] aucun BB en route avec zhom, je pense mettre le curseur sur Noël. Ou alors la date prévue de mes prochaines règles. C'est bien, ça, c'est élégant. Allez, c'est décidé, je me lance.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:00

Dix centimètres de neige sur trois jours de bise, en octobre, donnent aux congères des allures de glaçons feuilletés de verdure morte. C'est joli. Mais ça glisse. 

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 13:15

Train, poulet, nuit, taxi de nuit, avion, train, métro, marché aux timbres du dimanche matin. Balade dans le quartier, port, plage, boutique à bières, tapas. Bières, pluie, nuit.

 

Montée, Gaudi, Gaudi, librairie, chocolat chaud suizo, bof miam, nuit.

 

Métro, funiculaire, vue panoramique sur la ville et ses environs, piscine olympique (fermée), folle à chats, marché, ce moment gênant où tu crois comprendre une langue mais non (et te retrouves avec un mini magnum aux amandes sur lit de crème fouettée), plage, bières catalanes, écossais rayés vert et blanc partout, pâtes aux champignons sur la terrasse, Celtics vs Barça, nuit.

 

Métro, file indienne au soleil (il fait chaud, c'est indécent), cathédrale pas vraiment finie, buffet de salades, parc Güell, JASON JEANS!, bistrot de quartier en bas la pente, musée Picasso, fideuda et turrón glacé, nuit.

 

Balade, port, parc de la Ciutadella, zoo, parade des lions de mer incluant merveilleux et flegmatique Joao, flotte sévère, repli sur mauvais sandwichs et cohabitation houleuse avec enfants très baffables, musée du chocolat, cartes postales moches, orgie de fruits de mer à la maresqueria, dessert vegan à mourir de plaisir, nuit.

 

Shopping, balade, burger vegan (best ever!), shopping, balade, fontaine magique présentant Freddie Mercury très en forme - mais pas autant que Montserrat (Barcelona-a-a!), chipirones fritos, Chewbacca bourré vendant des merdouilles sur la plage sur mur des toilettes, nuit.

 

Dernier petit déjeuner, Dali, best tapas ever, pâtisserie, métro, train, attente, hôtel quelconque pour voyageurs refoulés à l'embarquement, lit trop grand, nuit trop courte.

 

Navette de cinq heures (Paris s'éveille), avion, turbulences, Suisse-allemande, turbulences, train, neige, maison. Les chats sont contents, ils ont de nouveau quelqu'un contre qui se coller quand ils ont froid.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un autre article sur ¡Barcelona!, avec du miam dedans chez Miam, la viande. 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 09:00

Il faut être toujours ivre, tout est là; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.


Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!


Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse. De vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

 

 

 

 

 

 


 

NOTE: L'honnêteté me contraint à mentionner que je ne suis pas l'auteure de ce texte, mais un petit qui débute. Charles Baudelaire de son prénom. (in Le spleen de Paris, 1869)

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 14:30

Ramassé un marron aujourd'hui.

 

 

 

Rappelé quand j'étais petite. Grand-papa, les animaux avec des allumettes et du fil de fer. Grand-maman, les colliers contre les rhumatismes. Les mercredis après-midi à râtisser l'allée pour en faire collection.

 

 

 

 

 

Chaque automne, le même souvenir. Chaque année vers la rentrée. Ronds, bruns, brillants. Les marrons.

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 10:30

En ce moment, sur les internets mondiaux de l'univers, la grande mode est semble-t-il de dévoiler ses projets de rentrée.

 

Mon seul projet étant d'entrer d'un pas léger dans le froid, la nuit et l'hiver perpétuel pour huit mois sans finir par m'ouvrir les veines, je n'ai pas vraiment de plan précis.

 

Par contre, cette semaine j'ai la chance de bénéficier d'un week-end de trois jours, dont un uniquement pour mes trucs persos. En bonne gestionnaire de projet, je me suis donc fixé trois objectifs (un facile, un chiant mais gratifiant, et un particulièrement complexe), que je me propose de vous dévoiler ici en grande première mondiale:

 

  • le facile: me teindre les cheveux (facile car la cuisson du henné est un savoir-faire que je maîtrise depuis de nombreuses années)
  • le chiant mais gratifiant: trier mes affaires d'été et remonter de la cave tous les trucs chouettes qui rendent mon dressing automne/hiver heureux
  • le particulièrement complexe: retrouver mes documents d'impôts 2011 (ils me doivent des ronds)

 

 

 

 

 

Et toi, tes grands projets?

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 10:00

Ma ville!

 

Elle est vraiment formidable.


 

Certains (des jaloux) la disent petit village de pêcheurs qui se la pète. D'autres (des aigris) repère de drogués et de dealers. Moi je dis: la meilleure du monde. 

 

Parce qu'on y peut voir, en moins de quarante-cinq minutes de marche en descendant une colline, un promeneur de chien nourrir des moutons à la poignée, deux écureuils noirs soyeux et bondissants, des restes de brouillard fantomatiques s'attarder dans les arbres, des courgettes en fleur et des filles qui bronzent sans culotte dans les parcs du centre-ville. Et, devant la bibliothèque municipale, à vingt mètres d'une des principales ruches à deal de la ville, des jardinières où poussent des tomates. Oui, des tomates.

 

 

 

 


 

PICT1087.JPGla preuve par l'image: un magnifique plant de courgettes;

et personne (les innocents) qui ait osé/pensé se servir, alors que les fleurs se vendent au marché CHF 7.- les dix.

 

 

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 15:00

Le matin, parfois, au lieu d'enfourcher un destrier à roulettes nonyme* ou de grimper dans un transport public bousculatoire mais rapide, il m'arrive de chausser mes baskets et de garer mon sac à main dans un sac à dos pour descendre à pied les trois kilomètres qui séparent ma maison du centre-ville, où je vends mes fesses temps au grand capital cinq jours par semaine. 


 

Et puis tantôt, le soir, à l'heure où les bistrots ferment, je remonte à pied. C'est tout aussi raide, légèrement plus pénible. Et surtout, la nuit, le chemin joli n'est pas très bien éclairé.  


 

Parce que dans les deux sens, la forêt et la pente accompagnent mes pas. Un ruisseau bruyant en contrebas, trois maisons colorées perdues dans le fouillis au détour d'un virage, deux carrefours ouverts aux automobiles et paf, me voilà arrivée. Trois kilomètre en pleine nature, en pleine ville. 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Mon scooter s'appelle Grizzli.

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