Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 12:00

J'aime l'odeur des poubelles du restaurant japonais au-dessus du bureau. Elles me rappellent le marché aux poissons de Saint-Louis (Sénégal). 

 

Repost 0
Published by mlle-cassis - dans lobe pulmonaire moyen
commenter cet article
17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 15:17

Il faut parfois savoir être un homme et prendre le taureau par les cornes. C'est sur ce beau principe que lundi matin j'enfourchai mon scooter pour affronter les routes tour à tour enneigées, puis verglacées, puis salées, et fort probablement à nouveau enneigées dès le lendemain.

 

Parce qu'être un homme c'est aussi parfois faire des trucs dont on sait qu'ils sont absurdes mais qui pour une raison ou une autre, sur le moment, paraissent complètement indispensables. Comme faire tourner un moteur qui n'a pas roulé depuis deux semaines pour recharger la batterie alors qu'il démarre au quart de tour.

 

 

 

Peux-tu croire, lecteur malin, que le chemin de la forêt est une rivière gelée impraticable depuis presque déjà trois semaines? 

 

 

 

Mais contre l'offensive les assiégés se défendent. Ainsi lundi vers dix-huit heures trente, au feu rouge en bas de l'avenue du Bugnon qui indiquait moins six, emballée comme une Salomé parée pour la danse des sept voiles polaires, eh bien je n'avais même pas froid!

 

Et ce n'est pas parce que mercredi il a à nouveau neigé dix centimètres sur la forêt qui jouxte notre terrasse qu'il faut se laisser gagner par le scepticisme et le découragement. Un jour le printemps viendra. Un jour.

 

La preuve: aujourd'hui vendredi dix-sept février de l'an deux mille douze, j'ai passé ma pause de midi au soleil sur banc.

 

 

 

 

 

 

 

 

(retour de la neige, selon les météorologues: dimanche, aux alentours de treize heures)

Repost 0
Published by mlle-cassis - dans lobe pulmonaire moyen
commenter cet article
5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 19:30

Contrairement à l'année précédente, où on pouvait dès janvier, emmitouflée comme deux, grésiller un peu au soleil certaines pauses de midi, cette fois l'hiver est venu et il est bien venu. 

 

Plus d'une semaine déjà sans température positive. La couche de neige tombée lundi bien amoindrie au gré des bourrasques de bise, compactée en glace épaisse et brillante sur les bords de trottoirs. La brume qui s'échappe en nuages denses quand tu ouvres la fenêtre. Les joues douloureuses quand tu t'aventures dehors (quelle idée). 

 

Et dans mon quartier, une maison qui se chauffe à la cheminée. Depuis novembre, odeurs de bois brûlé et son cortège de réminiscences associées. 

 

J'aime bien. 

Repost 0
Published by mlle-cassis - dans lobe pulmonaire moyen
commenter cet article
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 09:14

Il y a quatre ans moins dix-neuf jours (un deux janvier), je me suis endormie dans un minibus de ligne quelque part entre Banfora et la frontière ivoirienne. Réveil en sursaut au moment où il sortait de la route, juste à temps pour le sentir braquer à gauche et le voir se coucher sur le flanc en tentant de regagner le goudron. Comprendre que mon voisin, assis à la fenêtre ouverte, côté sol, allait mourir le bras arraché.

 

Sauf que non.

 

C'est lui qui m'a éjectée du véhicule. Est retourné chercher mon sac dans l'épave menaçant d'exploser. Et moi qui me suis retrouvée au milieu de la route, couverte de sang, à me dire que merde, ces deux phalanges en moins à l'index gauche allaient être super chiantes à recoller au milieu de la brousse et que je devrais probablement me faire rapatrier (c'est quand même con quand on est parti pour six mois et qu'on est là que depuis une semaine). 

 

Des soeurs catholiques françaises nous ont donné un peu d'eau. Mais refusé de nous emmener au dispensaire (il ne fallait pas salir leur belle voiture). Alors on a partagé la remorque d'un camion de coton avec des ouvriers. Et attendu, longtemps. Là-bas comme ici, les urgences ça prend du temps.

 

Il fallait payer d'avance. Heureusement j'avais un peu de cash.

 

J'ai demandé à me laver les mains au savon avant de me faire examiner. L'infirmière avait l'air surprise. Elle n'était pas douce. J'ai eu vraiment mal quand elle m'a désinfecté. C'est que j'avais retrouvé mes phalanges entre temps, au milieu de la peau arrachée. 

 

Je n'ai pas pu me doucher seule ni m'habiller ce soir-là.

 

Deux jours plus tard, j'ai quand même décidé d'aller faire une radio. Aucune fracture, seulement la douleur. Cette fois on m'a prescrit des antibiotiques. J'avais un sacré trou, quand même.


A la pharmacie on m'a refilé un générique. C'étaient des médicaments pour soutenir le coeur. 

 

Par chance, je partais bénévoler dans une mission médicale à Bamako une semaine plus tard. Des dizaines d'enfants se sont suspendus à mes doigts mais les plaies ont fini par se fermer.

 

Et puis deux mois plus tard, dans un village dogon, un type qui avait le don a soigné "ma vilaine entorse". En me massant énergiquement avec du résidu d'huile de lampe à pétrole. Deux fois.

 

De retour en Suisse, en juillet, j'ai fini par consulter un médecin. Tendon sectionné. Opération en août. J'ai un plâtre sur toutes les photos d'un mariage dont je suis témoin (ça fait beaucoup de photos).

 

Fin septembre, je reprends ma guitare. Parce que cette chanson me trotte dans la tête depuis des jours et qu'il faut que je la joue pour l'en faire sortir. Douleur fulgurante au troisième accord (un la mineur, si ça te parle). Plus jamais je ne jouerai de guitare.

 

 

 

 

 

 

On ne se rend pas vraiment compte, quand on regarde mes mains. On ne voit rien, ou alors on croit que je me suis brûlée. Peut-être. Moi je sais que ce n'est pas parce que ça ne se voit pas que ce n'est pas là.

 

Dans dix-neuf jours ça fera quatre ans. Et depuis une semaine, quand je plie, j'ai mal. Comme ce jour-là sur ma guitare, en tentant le la mineur.


Repost 0
Published by mlle-cassis - dans lobe pulmonaire moyen
commenter cet article
12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 11:04

J'aime bien faire des listes. J'aime bien faire de l'ordre. J'aime quand c'est propre. Structuré. Logique. Equilibré. Organisé. Comme rempart au chaos du monde.

 

 

Rien que ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous comprendrez donc aisément que je ne suis pas une artiste: je n'ai pas le temps.

Repost 0
Published by mlle-cassis - dans lobe pulmonaire moyen
commenter cet article
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 16:00

J'aime pas l'août.

 

 

 


 

J'aime pas l'août.

 


 

C'est bientôt la rentrée, le retour de l'ennui. J'aime pas l'août parce qu'il me rend triste. C'est tous ces dimanches soir d'enfance, tu vois, quand on savait que la liberté s'arrêterait aux frontières de la nuit. Les pincements dans le ventre, les cahiers dans le cartable. Après deux mois d'apesanteur sans jamais y avoir concédé une pensée.


Et le regret indolent des premiers jours d'été, quand on exhibait la marque à vif des premiers coups de soleil sur sa peau de lait et - plus tard - les tampons des rêveries festivales. L'univers des possible se fracasse sur l'horizon des devoirs. J'aime pas l'août.



Ses cris vains, sa comédie.



La pièce a été jouée et rejouée cent fois depuis juin. Décolleté au bord de la crise de nerfs, bikini criard, gnards braillards. Au bord des piscines, le gazon mort depuis longtemps, asphyxié par le chlore et les pieds des dondons au vernis écaillé, englué dans la glace fondue et les frites grasses.



J'aime pas l'août et son écoeurante odeur de fruit trop mûr. Touffeur. Chaleur. Comme si l'air devenait solide. Changement de densité. Basculement de masse.



J'aime pas l'août qui annonce déjà le déclin, le début de la fin, la lente déchéance vers le froid de l'hiver. Le tic-tac du temps qui passe, paresseux, horloge à rebours de la joie en sursis.



J'aime pas l'août.



 

 





Par contre j'aime bien les pastèques. Et les melons. Et les fraises. Et les mirabelles. Et les mûres qui poussent sournoisement à l'ombre des murs.



Et les derniers jours de chaud. On se croirait en automne mais on peut encore tenter les manches courtes. Et les jours de pluie moite où même nu on transpire encore à ne rien faire.



Lire des millions de livres. Cultiver des milliards de taches de rousseur. Et revenir, enfin, conquérant et vainqueur, un peu en vrac, comme une fleur.

Repost 0
Published by mlle-cassis - dans lobe pulmonaire moyen
commenter cet article
22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 22:22

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes silences: que je sais bien ce que je ne dis, c'est pour ça que je me tais. 

 

 

Qu'aux chauds-froids je préfère les clairs-obscurs. Au plat la pente. Et les descentes dans l'air noir. 

 

 

De l'encre de l'orage aux dernières lueurs du jour se construisent et s'empilent des mille-feuilles interminables. 

 

 

Sur la gauche, juste avant d'obliquer à droite vers la descalade finale, quelques anciennes maisons bourgeoises jettent à la face du monde leurs métaphores pâtissières. 

 

 

Tandis que dressé sur son auvent, trois mètres de liberté sur trente centimètres de large, un chat roux se fait sentinelle de la rue qui lentement s'enfonce dans la nuit. 

Repost 0
Published by mlle-cassis - dans lobe pulmonaire moyen
commenter cet article
21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 12:30

Webosurfeur, salut!

 

Si toi aussi tu as un travail, tu auras congé quatre jours à partir de ce soir*. 

 

Si tu ne travailles pas, ça ne te changera pas tellement - sauf que tu seras plus détendu-e, rapport que si ton peut-être futur patron ne te donne pas de nouvelles c'est juste parce qu'il est en congé et donc tu peux bien te permettre d'avoir la grosse gueule de bois pas maquillée pas rasée un jour de semaine. Et si tu es étudiant sache que je suis très jalouse de tes quatre mille cinq cents dix-huit semaines de congé par an, n'en rajoute pas veux-tu.

 

Que faire, que faire? Quatre jours, mais tu te rends compte! Deux fois plus de temps pour tout ce qui est vraiment important dans ta vie (je veux dire, à part travailler ou chercher un travail ou faire semblant de bosser ou faire semblant de chercher un travail): dormir toute la journée en récupération de la semaine, faire tes courses avec l'entièreté de la ville à ta Migros de quartier, manger des hamburgers et boire des bières au parc (dédicace spéciale pour faire monter le wikio) et, éventuellement, te taper des méga gueules de bois.

 

Evidemment, le chat voudra sa part du gâteau. Si tu ne passes pas au moins trois heures par jour à le caresser, il fera la gueule et peut-être pipi dans tes godasses.

 

 

OU ALORS

 

 

Ou alors comme moi tu as prévu de descendre dans le Sud, là où il y a le soleil, la chaleur et la joie de vivre qui manque tant à ta contrée (si si). Sauf que depuis six semaines, chez toi, il fait vingt degrés tous les jours, tu glandes dans le parc avec les récréants à l'heure du lunch et tu en es à ton troisième tube de Biafine pour soigner tes coups de soleil. Et que là où tu vas, bin demain il pleut. Samedi il pleut. Dimanche il pleut. Et lundi y'a du mieux mais ça te fait une belle jambe, de toute façon avec ta [grosse] cicatrice au genou tu peux pas la faire bronzer et surtout, tu as prévu de te taper les embouteillages du retour.

 

 

Je m'en fous, moi mardi pendant ma pause de midi je vais me prendre un bubble tea passion avec des fruits verts fluos et un coup de soleil dans le parc.   

 

 

 

 

 

 

 

 

* Sauf si tu es français: dans ce cas ça ne te fait que trois jours (mais bon tu t'en fous tu as posé quatre jours de RTT la semaine prochaine pour compenser).  

Repost 0
Published by mlle-cassis - dans lobe pulmonaire moyen
commenter cet article
28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 14:00

 gifs1_marmotte_power-1-.gif

 

Et surtout, bon week-end!

Repost 0
Published by mlle-cassis - dans lobe pulmonaire moyen
commenter cet article
13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 16:00

Ami de l'internet, 

  

 

Nous avons déjà abordé ensemble, je crois, le principe du jeu de l’oie. Mais oui, tu sais, celui qui consiste à dire que la vie c’est comme un jeu de l’oie, tu essaies de faire avancer ton petit bonhomme dans une certaine direction et régulièrement des obstacles (ou des facilitateurs) viennent te faire des blagues. 

 

 

Quand j’étais petite, j’y jouais beaucoup, au jeu de l’oie. Pas vraiment par choix mais va seulement enterrer ton enfance dans un chalet à la montagne sans télé pendant toutes tes vacances d’hiver avec comme seul compagnon un petit frère un peu naïf qui ne sait pas encore bien compter. 

 

 

Aujourd'hui, c’est un peu comme quand j’étais petite et que je trichais pour gagner. Sauf que cette fois c’est ma boîte qui s’est fait enc* emberlificoter. Un manque d’attention et paf ! on leur a bazardé quelques millions en douce sur une histoire de docs mal fagotés. Ces quelques millions, j’ai calculé, correspondent à mon salaire annuel pendant deux-cents vingt-deux ans.  

 

 

Du coup je me prends à rêver que le double six réalisé il y a quinze mois (se faire engager à bon prix pour un job moyennement compliqué à deux pas de chez moi) ne se transforme en aller simple pour un tour de toboggan. Mais oui, tu sais, celui qui te fais passer de la case quarante-cinq à la case trois en un tour de main, sans vraiment que ce soit ta faute et pourtant. 

 

 

Il y a deux ans pile-poile, quand j’habitais chez ma mère faute de pouvoir me débrouiller seule avec mon genou cassé et que je n’avais pas droit au chômage parce qu’il manquait trois semaines à mes cotisations. C’est là que j’ai peur, très très peur, que le toboggan m’emmène. 

 

 

 

 

Repost 0
Published by mlle-cassis - dans lobe pulmonaire moyen
commenter cet article